TAV (premier chapitre)

« La Vérité est comme la Lumière du Soleil. Le hibou la fuit, l’aigle la regarde » Oria, l’évangile de la Colombe.

Voici l’histoire du Voyageur, ce chercheur de bonne volonté qui avance, tant bien que mal, vers son destin. Il peut être toi, ô lecteur, si tu veux unir tes pas aux siens. Il peut être chacun de nous. Il est l’Homme à la recherche de lui-même.

Depuis combien de temps marche-t-il, ce guerrier fatigué ? De qui est-il le mercenaire dans les combats de sa vie ?

De vies en vies, il a expérimenté différentes voies. Il connaît l’inertie et la tiédeur étouffante qui paralyse l’âme. Il connaît les régions froides qui ont oublié l’amour. Il connaît la brûlure des émotions humaines et les épines du chemin.

Il porte en lui les chaînes des mémoires oubliées, mais toujours présentes, de tout ce qu’il a traversé. Des rancunes enfouies, des peurs refoulées, des désirs inavoués… Mais son âme s’est éveillée aux premiers rayons d’un nouveau soleil, et il a entendu son appel, sans comprendre qui pleure ainsi en lui, et d’où lui vient cette étrange nostalgie.

Alors notre Voyageur est parti à la recherche d’une réponse. Il réalise rapidement que nulle nourriture matérielle ne peut apaiser la faim de son âme. Il s’aventure alors dans d’autres voies, où ceux qui l’ont précédé ont laissé leurs empreintes, et leurs conseils… Il suit les pas des sages, ou d’autres qui se nomment eux-mêmes ainsi.

Il s’ouvre à une vision plus vaste. Il comprend que tout est vibration, et qu’une vérité plus fondamentale se cache au-delà de ce que lui révèlent ses sens. Peut-être fait-il alors d’autres connaissances, tandis que d’anciennes relations se défont…

Peut-être traverse-t-il encore, parfois, des nuits sombres où le doute s’installe ; car le monde où il vit ne propose aucune réponse à son appel et condamne la folie de ceux qui cherchent leur chemin hors des normes. À quoi pense-t-il, le Voyageur, dans ces moments difficiles ?

Retrouvons-le maintenant au cœur de sa nuit. Il se sent seul, et lance son cri de désespoir dans le silence des étoiles. Mais si les étoiles semblent silencieuses pour les oreilles des hommes, elles savent lire dans leurs cœurs, comme toutes les Intelligences de lumière. Et jamais un cri de désespoir n’est resté sans réponse, pour peu qu’on sache attendre celle-ci en confiance. « Frappez, et l’on vous ouvrira ! ».

Depuis longtemps l’âme du Voyageur frappe à la porte des cieux, ou du moins aux portes qu’elle peut rencontrer. Et le moment de la réponse est enfin arrivé, mais il ne le sait pas encore…

 

C’est ainsi qu’au milieu d’une nuit sans lune, ne pouvant trouver dans le sommeil une réponse à sa mélancolie, le Voyageur lève ses yeux tristes vers le ciel sombre, et voit avec stupéfaction une étoile briller plus fort, grandir et venir à lui. Puis la pure lumière, étincelante dans son rayonnement bleu indigo, se déploie dans l’espace pour tracer le dessin étrange d’une Lettre.

Un peu effrayé, il n’ose bouger et ne profère aucune parole. Jamais il n’a vu cette forme immaculée, mais son âme la reconnaît, et il ressent la puissance bienveillante qui se dégage d’Elle.

L’apparition lumineuse s’adresse à lui.

— Salut à toi, Voyageur de la Terre. Je suis Tav, la dernière des vingt-deux grandes puissances qui ont créé les univers. Je suis l’un des vingt-deux rayons de cet Unique Soleil dont tout ce qui vit chante les louanges.

« Je viens à toi aujourd’hui, car ton appel a ému les cieux. Et en vérité, l’heure est enfin venue pour nous, les grandes Lettres, de nous révéler à toi et à tes frères, pour vous aider à franchir l’étape fondamentale vers l’ère du Verseau.

 

L’homme ne sait que penser. Est-ce cela que l’on appelle une vision ? Est-il devenu fou à force de se poser des questions sans réponse ? Son cœur bat si fort dans sa poitrine. Au fond de lui-même, pourtant, il choisit de croire… et la Lettre continue.

— Je suis Tav, et l’on m’appelle aussi l’Étoile de Vérité, car je suis tel le sphinx qui pose la question, la grande question, à celui qui se met en chemin. Car la vie sur la Terre est une question permanente et l’homme s’incarne pour y répondre. Pour cela, il faut donc avant tout qu’il prenne profondément conscience de son entier libre arbitre. Toute expérience dans sa vie n’est qu’une nouvelle occasion d’utiliser cet attribut. Il est libre ! Mais lorsque l’homme oublie qu’un choix lui est proposé en toute circonstance, une nouvelle couche sombre se dépose sur son âme qui étouffe.

« Alors, Fils bien-aimé, place-toi en conscience dans ton libre arbitre pour répondre à ma question : l’heure est venue pour l’humanité de dire oui, ou non, au grand Retour vers sa réalité divine. Quel est ton choix ?

« Si tu sais entendre le « oui » qu’exprime ton âme, demande-toi alors quelle est l’importance que tu accordes à ta quête. Est-elle devenue l’essentiel à tes yeux ? Penses-tu pouvoir encore être heureux dans tout ce que te propose l’ancien ?

« Il ne t’est plus possible d’être tiède. Le moment est venu pour toi de regarder ta vie en face, et d’écouter la voix de ton âme. Dans la conscience de ce qui est l’essentiel pour elle, il t’appartient alors d’inscrire ta décision dans tout ton être, jusqu’aux mémoires de ton corps, pour être enfin entier, et unifié dans ta marche.

« Alors, bien-aimé, acceptes-tu vraiment d’être avant tout amoureux de la Vérité, et d’être sincère en tout, surtout vis-à-vis de toi-même ? Auras-tu ce courage ?

« Je suis Tav, et en vérité, grande est mon exigence. Je suis pourtant le passage incontournable si tu veux recevoir l’enseignement des grandes Lettres qui descendent aujourd’hui sur l’humanité pour appeler ceux qui veulent devenir les Enfants du Verseau !

Le Voyageur est saisi devant ces paroles. Il sait que son âme les a instantanément comprises, mais sa conscience suit plus difficilement. Il contemple émerveillé l’incroyable présence qui rayonne devant lui. Il calme le tourbillon de ses pensées et accepte le miracle de cette rencontre. C’est finalement dans une émotion mal contenue qu’il ose enfin s’adresser à la grande Lettre.

— Ô Tav, je mesure ton exigence. Mais j’ai aussi conscience de mon imperfection et de mes faiblesses. J’aime les rares instants où j’ai cru entrevoir la Lumière et j’aspire à les retrouver. Mais depuis trop longtemps je ne la sens plus. Peut-être me fuit-elle, ou ne suis-je pas digne de la recevoir ? J’ai l’impression de porter de bien lourds bagages. Comment, dans ces conditions, promettre d’être toujours dans la Vérité ? C’est impossible !

— Te souviens-tu de ces instants où ton âme a été touchée ?

— Oui, même si parfois ces souvenirs m’échappent. Ils me semblent tellement en contradiction avec le quotidien de ma vie ! Ces rares moments étaient sans doute, en fait, peu de chose par rapport à ce que je pressens de la véritable dimension de la lumière divine. Mais j’aimerais tant me sentir à nouveau réellement vivant !

— Tu as dit le mot juste. La Lumière dont tu parles est en fait la Vie véritable, car sans Elle, rien n’existe… Quelle place donnes-tu en toi au désir que tu viens d’exprimer ?

Le Voyageur s’apprête à parler avec tout l’élan de son âme, mais il prend conscience que la réponse n’est pas aussi évidente qu’il le croyait. Aussitôt surgissent en lui mille désirs d’autre chose que la Lumière vivante. Des émotions oubliées remontent à la surface. Il se découvre attaché par mille liens à un mode d’existence qu’il croyait révolu. Soudainement, il doute d’être prêt à lâcher tout cela, et hésite à répondre.

Il perçoit l’onde de tendresse de la grande Lettre qui s’éloigne déjà. Dénote-t-il une pointe de tristesse dans la voix qui s’adresse à son cœur ?

— Au revoir, Fils. Suis donc tes désirs. Je reviendrai quand tu seras prêt. Mais ne tarde pas trop, d’autres que toi en dépendent !

Mais l’âme de lumière du Voyageur n’est pas d’accord. Elle souffre trop et appelle éperdument la nourriture de vie qui la rassasiera enfin. Elle secoue si violemment les murs de sa prison que l’homme se retrouve à genoux, les mains crispées contre son cœur déchiré dans une souffrance incompréhensible. L’idée de perdre la splendeur entrevue lui est intolérable. Il éclate en sanglots, prostré sur le corps de la Terre.

— Attends, ne pars pas. Ne pars pas… J’en mourrais…

Pendant un temps qui lui semble infini, mais qui ne l’est sans doute pas, les larmes coulent et lui permettent de se vider. Peu à peu, il prend conscience de la présence de Tav qui l’entoure dans une aura d’amour.

— Ainsi tu es revenu, murmure-t-il sans oser y croire.

— Mais je ne suis pas partie, bien-aimé. Penses-tu mieux te connaître, à présent ?

— Je sais que mon âme ne veut que toi, ô Lumière éternelle. Elle est lasse d’errer sur des routes qui ressemblent à des impasses. Ô Tav, je t’en prie, enseigne-moi le chemin qui mène à la Source pure.

— C’est avant tout un chemin de vérité. Il doit être l’essentiel dans ta vie. Il ne  demande pas de fuir la matière, mais bien au contraire de l’aimer, pour comprendre et vivre la splendeur qu’elle recèle.

« Il te faut accepter de mourir à tout ce que tu étais, pour renaître dans le Nouveau ; c’est là mon chemin.

« Je suis Tav, et je suis la Croix.

« La Croix présente deux visages, le premier étant la porte menant au deuxième.

« Le premier visage de la croix est le sacrifice sans concession de ton ego, l’usurpateur, c’est-à-dire de ce qui dit « je » en toi à la place de ton âme, de tout ce qui veut avoir, et non être, de tout ce qui veut prendre pour lui, détourne et disqualifie la Lumière.

« L’autre face est celle de la résurrection, dans la conscience de l’Unité. C’est la Croix en gloire, dont les branches infinies sont tels les quatre membres du grand Corps du Divin. Au milieu de cette Croix, de ce Corps, fleurit éternellement la Rose pourpre, le grand Cœur de Dieu, qui pulse la vie divine dans toute la création. Connaître et vivre cette croix qui transcende le temps et l’espace, où se rejoignent Aleph et Tav, l’Alpha et l’Omega, est la gloire qui attend l’humanité au bout du chemin.

« C’est pourquoi je suis Tav, dernière Lettre de l’Alephbeth vivant. Car j’apporte la mort de ce qui ne peut être dans le Nouveau. Mais je suis aussi la première Lettre qui se présente à toi, et je garde le seuil du chemin des initiés.

« Enlève de ce mot ce qu’il peut avoir d’exclusif parmi les hommes, car à l’aube d’une ère  nouvelle, chacun de vous est appelé à cette initiation, à ce chemin qu’il a la possibilité de suivre. Cela n’appartient qu’au choix de chacun.

 

Le Voyageur hoche gravement la tête. Il a pris la décision d’écouter son âme. Mais un doute persiste en lui. Il n’ose s’ouvrir à la présence de lumière qui lit pourtant en lui comme dans un livre ouvert.

— Fils bien-aimé, exprime donc ce qui te retient encore.

— Ô Tav, Etoile de Vérité, de tout cœur j’aspire à prendre la direction que tu dévoiles devant moi. Mais je suis encore bien lourd de l’ancien. Je perçois en moi des voix contradictoires. Je ne suis peut-être pas assez pur pour suivre un tel chemin.

— Sais-tu vraiment ce qu’est la Pureté, Voyageur ? Ecoute donc, car cette notion fait partie de mon enseignement :

« Au regard de la Lumière, la pureté n’est autre que la bonne volonté, la détermination sincère d’être de plus en plus authentique, et de partir à la quête de sa réalité divine. Ainsi la seule pureté qui compte est celle de la quête. Un être qui se sent lourdement chargé, mais qui est de bonne volonté pour changer, est bien plus « pur » qu’un autre qui serait moins chargé, mais qui n’aurait pas fait le choix inébranlable d’avancer dans ma vérité.

« Si tu choisis en conscience de me suivre, je serai pour toi l’étoile qu’ont suivie les rois mages dans leur quête de l’Enfant-Roi. Je brillerai haut dans ton ciel, au-dessus de la grotte où t’attend le trésor des trésors. Les rois mages étaient libres de suivre l’étoile. Comprends-tu, bien-aimé ? Libres ! Et ils l’auraient suivie jusqu’au bout du monde. Si tu es l’amant fidèle de la Vérité, si tu ne détournes pas le regard, tu me verras toujours devant toi, et je te guiderai sur le chemin escarpé qui te conduit à Ce que tu es.

« Les grandes Lettres qui lisent dans les cœurs te disent à travers moi : oui, Fils, tu es prêt à partir à la quête de toi-même, tel un chevalier qui part à la quête du Saint Graal, c’est-à-dire de sa réalité divine. Il te suffit simplement de le vouloir… et d’avancer.

Ces paroles émeuvent le Voyageur qui se redresse lentement. Un grand calme se pose sur tout son être. Pour la première fois de son existence, il se sent en paix, en accord avec lui-même.

— Oui, Tav. J’accepte ton enseignement, et ton exigence de vérité. Et merci à Celui qui a permis notre rencontre, que j’attendais sans le savoir depuis si longtemps ! En ce jour, je fais serment de Vérité. Je promets à mon âme de toujours l’écouter, et de suivre le chemin qui mène à la vraie Vie. Je serai intransigeant avec moi-même.

— Ne te juge pas non plus, et sache être heureux. Tu es béni puisque tu m’as trouvée. Car notre rencontre n’aurait jamais eu lieu si ton âme ne m’avait point appelée. La vraie Vie t’appelle, et le moment est venu pour toi de suivre le chemin des grandes Lettres, qui te révélera à toi-même.

« Ton serment a été entendu… Crains-tu la mort, Chevalier ?

— La mort ? Eh bien… A vrai dire, je ne le pense pas. J’ai compris que la mort du corps n’est qu’un passage pour l’âme immortelle… Mais, de quelle mort parles-tu ?

— Il est plusieurs niveaux de mort. Il est plusieurs niveaux de vie. Mort et vie prennent des significations et des vécus bien différents selon la conscience. Pour celui qui me connaît et accepte ma loi de vérité, je puis l’aider à mourir à l’ancienne vie qui n’est point la gloire du Vivant.

« Pendant longtemps, dans de nombreuses traditions, régnait la pensée-énergie selon laquelle il n’était pas possible d’être heureux sur la Terre, considérée comme une préparation à une vie future bien plus satisfaisante dans « l’autre monde ». Cette pensée avait pour but de permettre d’accepter les souffrances de l’incarnation, dans l’espoir d’un paradis qui accueillerait ceux qui l’auraient mérité.

« Beaucoup ont ainsi donné leur vie pour la Lumière, soutenus par la conscience qu’ils retrouveraient au-delà de la mort physique la liberté et la félicité. Le sang  des nombreux martyrs de différentes fois ou religions n’a pas été versé en vain. Si je te parle de cela maintenant, c’est pour que tu comprennes que donner sa vie au Divin aujourd’hui se fait dans la conscience de l’union des plans, pour créer et retrouver le paradis sur la Terre, dans l’incarnation.

« Le sacrifice sur la croix est celui de l’ego, du vieil homme, dans la lumière de la Vérité. Il t’est demandé de mourir à toi-même, pour rectifier les pensées-énergies qui séparent le monde physique du Divin, et proclamer la vie divine sur la Terre, dans un corps-matière enfin relié à la Source. Alors, Chevalier, crains-tu la mort de l’ancien, en toi ?

Le Voyageur répond dans un souffle, en frissonnant.

— J’ai fait serment de vérité. Il me faut donc reconnaître en moi tout ce qui a peur de mourir, les anciennes habitudes, mes attaches aux anciens repères…

— Il est bon que tu ressentes cela. Et à cela je dis : « ne crains pas de t’abandonner à ma lumière de vérité, car rien ne sera laissé pour compte dans le Nouveau. Tous les désirs seront comblés, car tout désir n’est qu’une aspiration vers la Lumière qui a été ensuite détournée dans le psychisme. Mon amour va aussi vers toi qui crains l’inconnu, et qui as peur de mourir au Nouveau. L’enseignement des grandes Lettres est avant tout un chemin d’Unité, une main tendue par le Consolateur. Je ne serai pas pour toi un juge mais une marche qui te conduira à ta transformation, afin que toi aussi tu trouves le Repos ».

Une douce chaleur envahit le corps du Voyageur, qui devine sans se l’expliquer que quelque chose, au plus profond de lui-même, a entendu ces paroles. La grande Lettre reprend :

— A tout moment tu pourras faire appel à moi, dans le silence de ton être, et je t’aiderai à entendre la voix de ton âme. Car je suis Tav, l’Étoile de Vérité, et c’est mon énergie qui a créé la lune, l’astre qui éclaire la nuit la surface de la Terre.

« Mais la lune est liée à l’élément eau, donc également à ton inconscient et tes émotions. Sa lumière est là pour révéler ton labyrinthe, accentuer les contrastes. Quand elle brille de tout son éclat, n’oublie jamais que tu contemples le reflet de la lumière du soleil, qui a traversé le filtre de ton psychisme. Toutes les illusions qui dorment dans tes profondeurs peuvent être réveillées par la lumière détournée, et c’est là une occasion pour en prendre conscience. La lune, dans son don d’amour, est un miroir.

« Lorsque ton labyrinthe intérieur sera purifié, et deviendra le fondement sur lequel le Roi bâtira son royaume, alors tu connaîtras la face cachée de la lune, dont tu auras ainsi révélé la véritable lumière, et la splendeur méconnue.

— Mon labyrinthe intérieur… Je devine, ô Tav, qu’il s’agit là d’un vaste monde que je connais bien mal. Il me fait peur, car je pressens sa puissance, et son influence sur mes réactions. Pourquoi donc est-il si puissant ?

— Parce qu’il ne t’est pas uniquement personnel, bien-aimé, mais qu’il est aussi de nature collective, commune à toute l’humanité. N’oublie pas cependant que sa puissance est illusoire à la lumière de l’Étoile de Vérité. Pour déjouer ses pièges, il te faut mieux comprendre ce qui l’a créé :

« Il est une loi universelle, qui veut que tout ce qui existe a d’abord été pensé. Ce principe est vrai à tous les niveaux. Le Créateur a pensé la création avant qu’elle ne soit manifestée. De même, un tableau existe d’abord dans l’esprit du peintre avant d’apparaître sur la toile.

« Ainsi, toutes les disharmonies que tu peux constater, en toi et autour de toi, ne sont que le résultat des pensées humaines de peur et de non-amour. Sur le plan individuel, ton corps subit les conséquences de ton psychisme conscient et inconscient, qui a oublié la réalité de la Source de Vie.

« À un niveau plus vaste, toutes les pensées émises par les hommes depuis des millénaires ont contribué à alimenter l’immense réservoir de l’inconscient collectif, vaste monde vibratoire dans lequel vous baigniez tous, et dont vous subissez l’influence. C’est ce monde astral que l’âme doit pouvoir traverser, la nuit, pour ramener au corps des énergies plus hautes. Nous y retrouvons la multitude des formes-pensées imaginées par l’humanité.

« Les couches supérieures de ce monde peuvent d’ailleurs présenter des images fort belles et rassurantes, illusions dangereuses qui ne sont pas la réalité éternelle de l’Esprit. Mais tu peux ressentir que, dans l’ensemble, son taux vibratoire est extrêmement lourd de l’accumulation de toutes les pensées de séparation, d’angoisse, de haine et d’égoïsme. C’est un océan subtil parcouru par des courants de racisme, de peurs et de programmations négatives qui influencent tous ceux qui n’ont pas conscience de leur âme de lumière.

« Tu portes ainsi les bagages de ton propre psychisme individuel, lourd des différents chocs, traumatismes, de toutes les leçons que tu n’as pas su — ou pu — comprendre. À chaque fois que tu as dévié l’énergie divine vers ton ego, ton petit je, au lieu de la partager dans la grande Unité, tu as accentué cette chape de plomb vibratoire sous laquelle ton âme étouffe. Mais vois-tu, ce manteau psychique individuel s’inscrit lui-même dans le psychisme collectif, dont l’influence est d’autant plus grande qu’il entre en résonance avec lui.

— Je comprends. Ainsi, par exemple, je serai influencé et animé par des courants de peur collective, là où elles viennent résonner dans le monde de mon inconscient.

— Exactement, Fils. Et quand tu rectifies les programmations négatives en toi, tu contribues à créer une ouverture de lumière pour tes frères, à travers le psychisme collectif, pour les aider à transformer, en eux, la même énergie négative. Cette notion même peut t’apporter une grande joie. Tu n’es pas impuissant, bien-aimé. Tu peux contribuer à guérir le monde.

« Toute souffrance ou disharmonie trouve ses racines dans les plans du psychisme. C’est donc en agissant directement à ce niveau subtil, à la fois individuel et collectif, que tu pourras agir.

— Je peux contribuer à guérir le monde… Ô Tav, tu apportes là une réponse à une question informulée que je portais en moi depuis longtemps.

— En vérité tu peux beaucoup, si tu le veux vraiment.

« Hommes et femmes de la Terre, aujourd’hui sonne l’heure du Retour de l’âme vers sa réalité originelle, le moment de cueillir les fruits de la formidable aventure de la conscience, pour vous ouvrir au Nouveau. Mais c’est aussi l’heure du choix. Jamais peut-être le libre arbitre de l’humanité ne s’est défini aussi clairement.

« Les intelligences qui travaillent pour la Lumière respectent toujours le libre arbitre. Elles proposent, guident, enseignent, apportent des aides essentielles, mais elles n’influencent jamais le choix des hommes.

« Si Adam et Eve ont quitté le plan vibratoire du paradis de l’Eden, c’est à la suite d’un choix que l’Éternel les a laissés libres de faire ! Le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’était pas hors de portée. Il suffisait de le cueillir et d’y mordre. Mais pour comprendre cette connaissance et revenir à l’Arbre de Vie, il y avait un prix à payer : le prix de l’expérimentation, de la pérégrination dans la matière, et tout ce qui fait votre vie humaine aujourd’hui.

« Adam et Eve, symboles de toutes les âmes qui choisirent de vivre l’aventure de la conscience, firent à Dieu la promesse de revenir, enrichis de cette expérience. Ils voulurent prouver à leurs Parents bien-aimés que même loin de la Source, dans leurs tuniques de peau — c’est-à-dire leurs corps de chair — ils se souviendraient un jour de leur origine, et retrouveraient en conscience la splendeur de l’Amour qui les unit. Mais ils ne reviendraient pas seuls, ils amèneraient avec eux leur demeure terrestre, la parant de la robe de mariée, pour vivre la félicité de l’Eden sur tous les plans, corps, âme et esprit.

« Quel défi ! Comprends-tu la grandeur des âmes qui choisirent de le relever ?  Par la grande descente dans les plans vibratoires où règnent le bien et le mal, le jour et la nuit, le blanc et le noir, Adam et Eve se sont investis dans la matière, ils ont connu la division des egos, la chaleur étouffante des émotions humaines, le froid glacial de l’intellect sans conscience, et le danger le plus grave de tous : la tiédeur paralysante de l’inertie.

« Le Souvenir de la Promesse, vibrant au cœur de l’âme de lumière, s’est vu ainsi recouvert des couches successives du lourd psychisme humain, né des désirs d’autre chose que la Lumière de la Source.

« Vous avez oublié, bien-aimés.

« Dans le temps existe la loi des cycles et des grands rendez-vous cosmiques. A la Grande Horloge sonne enfin, pour Adam et Eve, l’heure de retrouver le Souvenir de la Promesse du Retour.

« Il y aura de nouveaux cieux et une terre nouvelle. Te souviens-tu ? Cette phrase qui résonne dans l’ancien et le nouveau testament vous concerne chacun directement. Les nouveaux cieux arrivent. Leur rayonnement, de plus en plus intense, descend sur la planète et ses habitants.

« Cependant l’âme de la Terre, tout comme l’âme de l’Homme, souffre cruellement. En effet, si elle aussi pressent l’arrivée d’un nouveau Soleil, elle ne peut en recevoir la Nourriture spirituelle car elle en est séparée par les vibrations lourdes du psychisme collectif. La pollution alarmante dont souffre le corps de la Terre n’est, là encore, que le symptôme physique d’une perturbation énergétique plus subtile, mais bien plus grave, dont vous êtes tous responsables.

— J’ai donc ma part de responsabilité dans la souffrance du monde, à chaque fois que ma conscience limitée oublie d’aimer…

— Sois-en heureux, car cela te donne aussi le pouvoir de changer le monde. Par la transmutation des couches de ton psychisme, de tout ce qui, en toi, te sépare de ton âme, tu peux ouvrir un canal de lumière pour que des vibrations plus hautes puissent pénétrer jusque dans les profondeurs du corps humain.

« Et, sache-le, la mutation de l’ère nouvelle ne concerne pas seulement la conscience, mais aussi le corps physique lui-même qui doit retrouver la perfection de son héritage divin. En fait, la Promesse du Retour est également inscrite en code dans les mystères de l’hérédité, au plus intime de la cellule, et ne peut être réveillée que lorsque la pure Lumière parvient à la toucher.

« Mais pour que ce qui est en haut puisse venir épouser ce qui est en bas, les plans intermédiaires de la pensée humaine doivent être totalement transformés. La splendeur du corps de lumière d’Adam et Eve au paradis de l’Eden peut alors descendre jusqu’au corps physique, qui devient Nouveau.

« Si le corps physique reçoit cette nourriture, c’est, par résonance vibratoire, le corps de la Terre qui le reçoit également. Ainsi tu guéris ta planète en même temps que toi-même, en la rendant Nouvelle.

— Tav, j’ai le vertige. C’est un but grandiose, qui me semble si loin de ce que le quotidien me propose, si utopique…

— N’aie pas peur de croire ce que te souffle ton âme. Ensuite, l’essentiel est d’avancer, fidèle à ton serment de Vérité. L’humanité est au seuil de son destin, et pour vous le temps s’accélère. Il vous est possible aujourd’hui de libérer vos âmes dans un élan qui aurait nécessité plusieurs vies auparavant.. Aujourd’hui tout devient possible ! Vous pouvez guérir des programmations et des vieux rails de l’ancien pour renaître dans le Nouveau, enfin libres.

« L’enjeu est de taille, Fils. Jamais l’inconscient collectif de l’humanité n’a été aussi lourd. Le chemin que propose les grandes Lettres est difficile, car il va à contre-courant de l’ancien. Mais également, l’aide de la Lumière est proche et puissante. Car en vérité, rien ne serait possible sans cette aide précieuse qui ne fait jamais défaut.

La grande Lettre marque une pause. Quelque part, le cri d’un oiseau nocturne se fait entendre sous les étoiles. Dans le silence vivant de la nuit, le Voyageur ne regarde que Tav, qui reprend finalement la parole.

— N’oublie pas, seule la puissance de la Lumière est capable de purifier les énergies lourdes et de libérer ton âme, mais c’est à ton libre arbitre de lui ouvrir les portes de ton être, par tes prises de conscience et par ta détermination de te donner entièrement à son action. Si elle devient l’Essentiel à tes yeux, elle soulèvera pour toi le voile de l’apparence. Tu ne tomberas plus dans les pièges de l’illusion.

« Aujourd’hui il ne s’agit pas de fuir la matière pour le sommet d’une montagne, un ashram ou un couvent, mais d’agir dans le monde matériel quotidien dans la conscience de cet Amour infini toujours présent, qui t’accompagne à chaque instant.

« Alors va, bien-aimé.

« Venez tous, ô enfants de la Terre. Les grandes Lettres descendent à votre rencontre, pour vous offrir leur Pouvoir de Guérison, qui est puissance de Vie. Ne craignez pas d’avancer dans la lumière de l’Étoile de Vérité, ne craignez pas d’être nus comme des Enfants. Au bout du chemin vous attend la splendeur de votre être couronné.

 

La grande Lettre se tait et étincelle plus fort encore, noyant le dessin de son corps dans le rayonnement de sa lumière bleue. Puis l’Étoile de Vérité commence à se fondre dans le ciel nocturne.

Le Voyageur tend la main vers elle.

— Ô Tav, quand te reverrai-je ?

— Je vibre en toi, Chevalier, dans ton serment de Vérité qui t’a lié à moi. À partir de ce jour, je serai toujours à tes côtés. Tu es digne de rencontrer mes Sœurs, qui viendront s’offrir à toi une à une au fur et à mesure de ton avancée. Elles seront pour toi les marches du grand escalier du Retour.

« Alors avance en confiance, bien-aimé Fils, sans jamais figer ton pas. Et n’oublie pas, si parfois pour toi se couche le soleil, l’Étoile de Vérité se lèvera dans la nuit pour te montrer le chemin.

À la lumière des étoiles, un chemin subtil se dessine effectivement devant le Voyageur. Il réalise que ce qu’il a appelé depuis toujours est enfin arrivé. Il n’est qu’au début de son aventure. Il ne sait pas encore ce qui l’attend, mais il a dit oui, à l’image des juifs qui acceptèrent de suivre Moïse et de quitter les chaînes de l’esclavage en Egypte.

Le sourire aux lèvres, le Chevalier se met en marche vers sa Liberté.

 

 

Commentaires sur Tav

 

Tav a pour valeur numérique 400, en résonance avec Mem (40) et Daleth (4). Le quatre est un chiffre de stabilité, lié à l’incarnation dans la matière.

Elle nous enseigne qu’une marche en avant est avant tout un acte d’amour entre les pieds et le sol qui les porte. Aussi loin que nous entraîne notre marche, c’est parce que la Terre nous offre son support qu’un pied s’appuie sur elle pendant que l’autre avance.

Tav nous révèle que la Terre, la matière, le monde de l’incarnation, est le royaume bien-aimé du Seigneur.

Le monde physique est sacré, et commence bien entendu par notre propre corps. Le regard que nous avons sur lui correspond aux rapports que nous avons avec le monde. Ce que nous pouvons refuser en lui nous renvoie à ce que nous n’acceptons pas dans l’humanité ou dans le monde matériel.

La responsabilité nous incombe de révéler l’étincelle de lumière cachée dans la matière.

 

Si pour nous, consciemment ou non, la quête spirituelle est motivée par une fuite du plan physique et des contraintes du quotidien, nous ne comprenons pas la leçon de Tav. Cette notion n’est pourtant pas aussi évidente qu’il y paraît. Dans beaucoup d’enseignements spirituels, le corps est considéré comme une prison responsable de nos souffrances. Le but est alors de se dégager de la limitation qu’il représente, de l’assujettir pour trouver la liberté dans les plans supérieurs de l’Esprit.

À l’ère du Verseau, le corps physique lui-même aspire pourtant à retrouver son archétype de lumière. Cela n’est possible que si notre regard sait dévoiler la lumière qu’il recèle.

C’est le psychisme accumulé, dont nous sommes responsables, qui pèse sur l’âme mais aussi sur le corps physique. Les maladies, les imperfections corporelles, la décrépitude et la mort ne proviennent pas de la Pensée divine. Elles sont le résultat de l’oubli de la Source, et des pensées de séparation et d’égoïsme émises par les hommes depuis des millénaires. Mais au-delà des différentes couches du psychisme humain, derrière même les couches les plus profondes des pulsions primaires du corps, une étincelle divine est voilée, et ne demande qu’à jaillir.

 

Se mettre en chemin dans la lumière de Tav, c’est comprendre que l’on marche vers l’unité des plans, corps, âme et esprit. Comprendre que tout est Lumière pour celui qui ne craint pas de soulever le voile des apparences. C’est accepter de ne plus séparer le Soleil qui brille dans les cieux, et le Soleil caché qui donne vie et substance aux profondeurs, et d’unir dans un même regard ce qui est en haut à ce qui est en bas dans la conscience de l’Unité retrouvée.

Ainsi, même si un tel vécu correspond en fait à l’apothéose d’Aleph, première des Lettres, son germe est déposé par Tav dès le début du chemin. Ces deux grandes Lettres se rejoignent. Car Tav, dernière lettre de l’alphabet hébreu, est reliée au cycle des morts et des renaissances. Toute fin est un nouveau commencement, et un commencement est aussi une mort à quelque chose.

Se mettre en chemin, c’est obligatoirement accepter de mourir à l’ancien, de renoncer aux vieux repères. C’est tirer les leçons du passé, mais en se tournant résolument vers le Nouveau. C’est comprendre la nécessité d’ancrer son être dans l’éternel présent où rayonne la Lumière vivante.

 

Dans le Zohar, livre fondamental de la kabbale, nous trouvons une merveilleuse histoire, riche d’enseignement. Il est raconté que les lettres hébraïques se présentèrent l’une après l’autre, de Tav à Aleph, pour demander à l’Éternel de présider à la création du monde, chacune arguant d’une qualité particulière.

Tav est avant tout la Lumière de Vérité (en hébreu Emeth, qui s’écrit Aleph Mem Tav). C’est l’attribut qu’elle présente devant l’Éternel pour lui demander de créer le monde avec elle. Celui-ci lui répond : « Tu es, en effet, digne. Mais il ne convient pas que je me serve de toi pour opérer la création du monde, parce que tu es destinée à être marquée sur le front des hommes fidèles qui ont observé la loi depuis l’Aleph jusqu’au Tav, et à être ainsi mêlée à la mort, et aussi parce que tu es la lettre finale du mot Maveth (la mort)… »

 

Tav signifie le signe, la marque. C’est le signe qui apparaît dans le ciel intérieur d’un être, qui signifie que l’âme s’éveille enfin vers une quête plus consciente. Elle vient nous rappeler les grands rendez-vous que nous nous sommes donnés à nous-mêmes, avant même de nous incarner. Son « pied gauche » est solidement tourné vers l’avant (n’oublions pas que l’hébreu s’écrit de la droite vers la gauche !).

 

Tav est exigeante. Elle est une alliée précieuse sur le chemin pour celui qui est amoureux de la vérité, qui n’hésite pas à se remettre en question. Elle vient bousculer les mondes d’illusion que nous avons édifiés depuis si longtemps.

Tav appelle en nous la qualité du courage, car il en faut pour accepter de contempler et comprendre tout notre univers intérieur. Accepter de reconnaître la beauté de notre soleil intérieur, mais également de discerner la face sombre de nos souffrances, de nos faiblesses, et du petit orgueil qui s’accroche désespérément !

Cette exigence de vérité, avant tout envers soi-même, est indispensable pour celui qui veut évoluer. Car comment serait-il possible de construire le temple intérieur destiné à accueillir le Roi, si une seule pierre est empreinte de mensonge ? Elle risquerait de faire basculer tout l’édifice !

Tav est implacable. Elle vient secouer les voiles de l’inertie, révéler le mensonge. Car tous les mensonges font souffrir notre âme. Il ne s’agit pas ici seulement des mensonges conscients, mais plus généralement de tentatives inconscientes pour oublier ce qui nous dérange. Dans le monde des apparences, tout est mensonge. Dépendre du regard des autres, chercher sa sécurité dans le « paraître », s’identifier à un rôle en oubliant son Identité divine, c’est prostituer son âme au maître de l’Illusion. C’est accepter d’être la marionnette de nos peurs inconscientes, dans un simulacre de vie où l’âme ne trouve guère de nourriture !

Tav vient nous aider à mourir, à mourir à nous-mêmes pour renaître à notre Réalité divine. Tav nous aide à dresser le bûcher (allumé par la Lettre Shin) qui consumera tout ce qui n’est pas lumière en nous. Car l’énergie de Tav est effectivement reliée à Maveth, la mort. Mais dans la compréhension de ce qu’est réellement la puissance de cette belle Lettre, cette mort n’est pas du tout celle du corps physique. Bien au contraire, elle est celle de l’ego, des limitations humaines, des illusions. Cette mort devient le passage obligatoire vers la vie divine qui, seule, comblera notre être.

La Lumière de Vérité est le premier enseignement des grandes Lettres. Le chercheur authentique doit être avant tout amoureux de Vérité. Et Tav nous révèle ainsi l’ensemble du chemin qui se déploie devant nos yeux. Sur les pas de Jésus le Christ, sa Lumière nous aide à accepter profondément la crucifixion, la mort de l’ego, pour ressusciter à la Vie divine.

 

Car Tav est bien cette Croix éternelle aux deux visages, le premier visage étant celui de la crucifixion, où le crucifié meurt écartelé, bras écartés, dans l’attitude de l’offrande totale. Mais ne figeons pas le symbole de la croix sur cette image qui n’est qu’un passage. Contemplons enfin son autre visage : la Croix en gloire, aux branches infinies, de l’immense corps de la Création. Au centre de cette Croix fleurit la Rose Rouge, le Cœur de Dieu qui pulse la Vie divine, le Sang lumière, jusqu’aux confins des univers.

 

La leçon de Tav apporte déjà un autre regard sur la notion de vie et de mort. Dans le regard des hommes de l’humanité d’aujourd’hui, la mort est la fin de la vie. Dans la conscience de Tav, la mort de l’ego, de l’ancien, devient le commencement de la Vie, dans la Liberté retrouvée.

Si nous ouvrons notre cœur à la splendeur de Tav, cette mort ne nous fait plus peur. Nous pouvons alors nous abandonner en confiance à la Vérité divine, dans la certitude que la Vérité de la Source rejoint toujours la vérité de notre âme, dans une même aspiration aux retrouvailles cosmiques.

Alors nous pouvons, tel le Voyageur qui entend l’appel de la Patrie divine, nous mettre en chemin.

Ce voyageur est le chevalier à la quête du Graal. Il nous invite à le suivre, ou plus exactement à nous identifier à lui, et son parcours sera aussi le nôtre. Dans l’élan de son cœur, il a accepté la loi de Tav. L’Étoile de Vérité s’est posée sur son front, et le guide maintenant vers la Vie.

 

 

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