Les Lettres et le Zohar

La kabbale est l’enseignement spirituel issu de la tradition juive, qui s’ouvre aujourd’hui plus largement à tous les chercheurs de bonne volonté qui veulent mieux se connaître. Restée longtemps secrète, auréolée de mystère, elle recèle pourtant des trésors incomparables, pour autant qu’ils soient abordés avec le cœur et non avec l’intellect, comme c’est encore trop souvent le cas. Le support le plus important (et volumineux !) de la kabbale est le Sépher HaZohar, ou “ Livre de la Splendeur. ” Reçu par inspiration divine il y a 2000 ans par Rabbi Shimon Bar Yokhaï, qui passa treize années dans une grotte avec son fils Eléazar, ce texte sacré subit plusieurs aventures miraculeuses avant d’être retrouvé et révélé des siècles plus tard.

Le Zohar explique notamment qu’aux petites lettres d’en bas — que les yeux humains peuvent contempler et dont on se sert pour lire et écrire — correspondent les grandes Lettres d’En Haut, extraordinaires Maîtres de Lumière et d’Amour.

Au début du Zohar, les Lettres hébraïques sont immédiatement présentées comme des Intelligences vivantes : Deux mille ans avant la création du monde, les lettres étaient cachées, et le Saint, béni soit-il, les contemplait et en faisait ses délices (Zohar I, 2b.)

Vient ensuite une merveilleuse histoire qui raconte que, lorsque Dieu voulut créer le monde, les Lettres vinrent toutes se présenter devant Lui dans l’ordre inverse de l’Alphabet hébreu (de Tav à Aleph), pour lui demander de présider à cette Action. Chacune avance ainsi un argument révélant son attribut spécifique, et reçoit la réponse savoureuse de l’Éternel qui lui explique pourquoi ce ne sera pas Elle qui sera choisie. L’élue est la grande Lettre Beith, la “ Maison ”, initiale du mot dont on se sert pour bénir.

Ainsi, l’attribut divin de la Bénédiction préside à la création du monde, à laquelle toutes les Lettres ont participé, par le tissage de leur énergies entremêlées.

 

Dans cette conscience, quand nous regardons une Lettre, nous pouvons dire que nous nous regardons nous-mêmes dans un miroir, aussi curieux que cela puisse paraître. Nous regardons un attribut divin spécifique qui fait partie de nous, et que la Lettre peut nous aider à dévoiler. Quelles que soient notre culture ou nos connaissances, au plus profond de notre être, une étincelle en nous la reconnaît parfaitement et se laisse toucher, pour peu que nous acceptions de nous ouvrir à Elle. Au-delà des mots et des images, la Lettre vient nous parler. Elle éveille le Souvenir de l’être de lumière que nous sommes véritablement. Elle nous invite à danser dans la ronde de la Vie, et guérit notre âme des meurtrissures de la longue route.

 

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